29.05.2008

en 10 questions...


L'exposition " Du portrait à l'autoportrait", par Mélina Desjoncherets

Mélina Desjoncherets : «  Hélène Lemeunier, vous êtes la créatrice de ce projet ; Pouvez vous me dire comment il est né ? »
Hélène Lemeunier : «  Depuis 2005, je fais régulièrement des autoportraits. C’est une fenêtre sur soi que l’on ouvre parfois au regard des autres si on les expose. J’ai pensé que d’autres, pas forcément artistes, seraient intéressés par cette démarche mais ne sauraient pas comment se raconter. Je leur ai donc proposé de partir de mon regard. »

MD : « Ce projet ne concerne que des enfants à l’heure actuelle ? »
HL : «  Non bien sur. Il s’adresse à tout le monde, sans exception. J’ai d’ailleurs commencé avec des adultes, des anonymes, qui ont répondu à mon annonce. J’ai travaillé aussi avec des personnes en réinsertion au sein de l’association Superarte. Ce projet s’adresse à tous ceux qui ont envie de dire « Regarde(moi)…Je suis ».

MD : « Comment en êtes-vous venu à travailler en milieu scolaire ? »
HL : «  Je voulais vraiment le réaliser avec des enfants, et c’était alors le meilleur moyen d’en rencontrer 25 d’un coup et de créer une exposition entière. J’aimais l’idée qu’ils fassent parti d’un groupe, d’une classe. Alors j’ai proposé à une institutrice, Nolwenn Kerhoas, de tester ce projet avec sa classe de CP. J’avais déjà travaillé avec elle sur un atelier d’art plastique, je la savais ouverte à ce genre d’intervention. »

MD : «  Comment s’est déroulé le travail en classe ? »    
HL : «  Cela a duré 7 semaines, de janvier à mars 2008, avec un rythme assez soutenu, à raison d’une à trois séances par semaine. Le temps de travail était divisé en deux parties. Un temps de paroles pendant lequel nous avons abordé les sujets relatifs à l’identité, aux goûts, aux activités de chacun, et dans un second temps, plus manuel, nous avons découvert les couleurs, l’encre et le graphisme afin de réaliser les autoportraits. »

MD : «  Je suppose que vous avez travaillé en étroite collaboration avec l’enseignante ? »
HL : « J’ai eu beaucoup de chance car Nolwenn Kerhoas m’a fait confiance. Nous avons préparé ensemble tout le planning de travail puis elle m’a laissé carte blanche avec les enfants. Ce qui était intéressant c’est qu’elle suivait dans son programme d’enseignement  le cheminement de mon projet, nous étions donc complémentaire pour les enfants.
Pour ce qui est des séances j’ai été secondée par une maman de la classe, Leïla Chalabi, qui a accepté de me suivre durant toutes ces semaines. Sans son aide et sa patience, tant avec moi qu’avec les enfants, cela n’aurait pas été possible.
 »

MD : «  maintenant que tout est là, exposé, que pensez-vous du travail des enfants ? »
HL : «  Il faut que je vous avoue avoir été surprise, je ne savais pas à quoi m’attendre de la part d’enfants ayant entre 6 et 7 ans. Tant par le fond que par la forme, ils m’ont époustouflée. Je suis un peu émue quand je regarde leur travail et fière aussi d’avoir réussi à instaurer une relation de confiance afin qu’ils se sentent libre de s’exprimer. L’expérience en plus d’être intéressante nous offre une belle exposition, non ? »

MD : «  Le travail avec les enfants est-il différent de votre travail habituel ? »
HL : «  Je le pensais, mais en réalité pas tant que cela. Je travaille depuis plusieurs années sur l’Autre, sur l’intime, j’ai donc pour habitude d’instaurer un climat de confiance et de respect. Je travaille très souvent avec des modèles pour qui c’est la première fois, comme pour mon exposition sur les cicatrices, les traces sur la peau. Ce projet, encore une fois, raconte une histoire, celle de ces enfants. La seule grande différence c’est de les avoir guidés et accompagnés durant tout leur processus de création. »

MD : « Quelle suite pour ce beau projet ? »
HL : «  A partir de septembre 2008, ce projet sera réalisé avec d’autres classes de primaire, mais aussi peut-être des collèges et des lycées. En dehors de ça je continue à photographier des anonymes qui veulent mettre en image ce qu’il sont. »

MD : «  A quoi rêvez-vous pour ce projet ? »
HL :«  Une envie entêtante me poursuit depuis plusieurs mois, j’aimerai réaliser ce projet avec des personnes âgées. »

MD : «  La prochaine exposition ? »
HL 
: «  Cette exposition, comme toutes celles que je fais, est destinée à être itinérante, mais il est tout à fait possible que son prochain passage soit une fois encore à Montreuil en septembre prochain. »

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